L'AGENDA 21 est mal parti (article de JP SERRUS)
Je suis favorable à l’AGENDA 21 mais à la ROQUE D’ANTHERON les choses sont mal parties
Dés le départ, les élus d’ESPRIT VILLAGE avaient soutenu la décision d’adopter un AGENDA 21 pour la Commune de la ROQUE D’ANTHERON. J’y suis personnellement très favorable.
Ce n’est donc pas le principe de l’AGENDA 21 que je critique. Bien au contraire, l’AGENDA 21 peut être un formidable rendez-vous pour fédérer les rocassiers autour d’un projet commun. Nous avions même évoqué avec Jean Louis TURCAN la complémentarité entre la démarche d’AGENDA 21 et la démarche du Jumelage avec ASCIANO pour créer du lien durable entre les villageois.
Malheureusement les premiers actions lancées dans le cadre de l’AGENDA 21 tournent le dos aux principes de construction partagée et mettent en péril l’intérêt même de la démarche. L’élaboration d’un AGENDA 21 repose en effet sur un principe essentiel de partage et de concertation. Ce principe essentiel n’étant pas respecter, tout ce qui suivra sera fragile et sans grand intérêt.
Pour éclairer le débat, je souhaite rappeler les grandes lignes de la définition d’un AGENDA 21 pour une commune et des étapes qui permettent sa mise en œuvre.
A toute fin utile, je précise que l’une des activités de mon entreprise consiste à accompagner des communes dans la mise en œuvre d’AGENDA 21. Je n’avais évidemment pas participé à la consultation pour retenir un bureau d’étude. Je ne participe jamais à des marchés publics lancés par la commune dont je suis un élu. J’avais fait de même dans le domaine de l’accessibilité pour les personnes handicapées (marché du Plan de mise en accessibilité de la Voirie en 2010 et Diagnostic de mise en accessibilité des établissements recevant du public en 2011).Cela me permet de me mettre à la disposition de la municipalité en toute indépendance pour apporter mon expérience. Je rappelle que Jean Louis TURCAN m’avait associé à la Commission Communale pour l’accessibilité et me demandait mon avis sur les dossiers concernant le handicap.
Le simple fait que je ne sois pas associé au Comité de Pilotage de l’AGENDA 21 en ma qualité d’élu d’opposition et de praticien des démarches de développement durable montre que le nouveau pouvoir n’a ni compétence, ni ouverture sur ce sujet. Sa vision sectaire est dérisoire lorsqu’il s’agit de réfléchir et d’agir sur notre territoire pour les cinquante prochaines années.
Définition de l’AGENDA 21 d’une Collectivité
L’AGENDA 21 est une démarche de planification du développement durable d’une collectivité et de son territoire pour le 21èmesiècle.
Le terme AGENDA est utilisé avec son sens anglo-saxon de « programme ». Pratiquement, il s’agit d’un Plan d’Actions Programmées répondant aux cinq finalités convenues au Sommet de RIO.
1. La lutte contre le changement climatique
2. La préservation de la biodiversité, des milieux et des ressources
3. La cohésion sociale et la solidarité entre les territoires et les générations,
4. L’épanouissement de tous les êtres humains,
5. La dynamique de développement suivant des modes de production et de consommation responsables
Selon les Principes du Développement Durable, ce Plan d’Action doit traiter les aspects économiques, sociaux et culturels, et environnementaux. La méthode mise en œuvre pour son élaboration est aussi importante que le résultat final. Un AGENDA 21 demande une implication de toutes les parties prenantes.
L'élaboration d'un agenda 21 nécessite de 12 à 24 mois. Les étapes principales de sa rédaction sont le diagnostic (état des lieux du territoire et évaluation des politiques menées au regard du développement durable), la concertation et l'écriture du plan d'action. L'écriture du plan d'action doit restituer les propositions émises durant la concertation en les hiérarchisant et en les disposant selon un calendrier (d'où le nom d'agenda). Le plan doit pouvoir être évalué au moyen d'indicateurs fiables et crédibles. Chaque proposition d’action doit être évaluée en termes d’incidence financière et d’impacts environnementaux et sociaux. Ce plan est soumis aux élus de la Collectivité qui le votent.
Le déroulement de l’élaboration d’un AGENDA 21
· Lancer une démarche d’AGENDA 21
o Mobiliser les décideurs et acteurs
o Sensibiliser l’ensemble de la population
o Installer le pilotage
o Recenser les parties prenantes
o Installer la concertation (ateliers participatifs représentatifs)
· Réaliser un diagnostic technique
o Collecter les données
o Organiser les échanges de données
o Construire une synthèse
· Réaliser un diagnostic partagé
o Animer des ateliers participatifs pour partager un état des lieux
o Concevoir un questionnaire et le diffuser à l’ensemble de la population
· Rédiger une synthèse du diagnostic et choisir les indicateurs de progrès
o Construire une synthèse de l’ensemble des éléments des diagnostics (technique et partagé)
o Identifier les indicateurs de suivi et de performances
· Définir une stratégie de Développement Durable adaptée au Diagnostic partagé
o Animer un séminaire des élus (de tous les élus)
o Définir les choix stratégiques pour la commune
o Proposer une organisation d’amélioration continue du projet
· Retenir des actions et les hiérarchiser dans un plan chronologique
o Animer des ateliers participatifs pour préciser les actions
o Définir la priorisation des actions
§ Les actions dans le domaine du Plan Climat
§ Les actions dans le domaine de la Biodiversité
§ Les actions dans le domaine de l’organisation de la collectivité
§ Les actions dans le domaine de la Responsabilité Sociale
§ Les actions dans le domaine de l’Ecologie Industrielle
§ Etc.
· Elaborer un système de suivi du Plan d’Action et d’Amélioration Continue
o Mettre en place une base de données partagées
o Initier les tableaux de bords
o Mettre en place le système de suivi et évaluation
· Mettre en œuvre le Programme d’Actions « AGENDA 21 »
o Organisation du système de pilotage
o Animation des référents
o Sensibilisation des acteurs
o Organisation de conférences
o Conception et diffusion d’un plan de communication
On entre ensuite dans la phase de mise en œuvre de l'agenda 21. En théorie cette phase ne sera jamais terminée. Sa réussite repose alors sur les principes suivants : l’amélioration continue, la participation, l’organisation du pilotage, la transversalité des approches et l’évaluation partagée.
Illustration de ce qu’on ne doit pas faire dans une démarche d’AGENDA 21
Je l’ai dit plus haut, l’AGENDA 21 repose avant tout sur le principe du partage et de la concertation. Pour travailler efficacement sur un programme d’adaptation du territoire aux enjeux du 21ème siècle, il faut savoir mettre de coté les vieux travers de la politique du court terme concentrée sur le mandat en cours et sur l’élection prochaine. Pour être clair, ces vieux travers consistent à s’entourer de ses proches pour dresser un bilan avantageux et pour orienter les projets.
Lorsqu’on a l’ambition d’œuvrer pour le 21ème siècle, il faut avoir l’humilité d’écouter d’abord ceux qui ne partagent pas forcement notre avis. Il suffit pour cela de respecter quelques règles simples :
· Associer étroitement toutes les composantes du Conseil Municipal au pilotage du projet.
· Construire des ateliers participatifs représentatifs.
· Ouvrir ces ateliers participatifs aux volontaires.
Les listes des participants aux ateliers destinés à établir l’état des lieux illustrent le fait que Robert VILLEVIEILLE n’applique pas ces principes. Je me permets de reproduire les listes figurant sur les comptes rendus du Bureau d’Etude CEREG en charge d’accompagner ce projet. Ce bureau d’étude n’est évidement pas responsable de ce mauvais démarrage.
Pour des raisons techniques, ces listes sont diffusés en annexe dans l’article précédant de ce blog.
En guise de conclusion
J’ai tenu à développer la mauvaise conduite de l’AGENDA 21 avec beaucoup de détails afin que chaque rocassier puisse juger sur pièce.
J’en ferai de même pour la conduite du PLAN LOCAL d’URBANISME et avec tous les sujets structurants pour l’avenir de notre commune.
Jean Pierre SERRUS
Conseiller Municipal ESPRIT VILLAGE
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