La gestion de la commune sera-t-elle à la hauteur des nouveaux enjeux?
La crise financière sans précédent qui secoue la planète entière occupe tous les esprits en ce mois d’octobre. Les experts se perdent en conjectures sur les répercutions de cette crise financière et boursière sur « l’économie réelle », et la vraie vie. Que sera l’impact de ces événements sur l’économie locale et sur la gestion de la municipalité ?
On peut raisonnablement penser que l’activité économique va ralentir. Cette récession va affecter l’investissement des entreprises, l’emploi, la consommation des ménages et l’accès au crédit. Tous ces facteurs perturberont les finances publiques (moins de recettes en raison du manque de croissance et plus de dépense consacrés à aider les acteurs en difficulté). L’heure est donc à la rigueur dans la gestion des affaires. C’est vrai pour les entreprises, c’est vrai pour les ménages, c’est vrai également pour les communes.
Ces dernières risquent également de peiner à financer leurs dépenses d’investissement au moyen d’emprunts. Un conseiller s’alarmait récemment du fait « que certaines collectivités locales risquent d’avoir du mal à faire face ». Les collectivités locales auxquelles faisaient référence ce conseiller étaient celles qui ont pris l’habitude de « piocher » dans leur dépense de fonctionnement pour régler certaines factures relatives à des dépenses d’investissement financées par emprunts, au lieu de procéder au fur et à mesure aux emprunts nécessaire. Ces collectivités, qui croient ainsi épargner quelques mois de coût d’emprunt, risquent de se retrouver dans l’embarras à la fin de l’année si les banques ne jouent pas le jeu.
Notre commune est-elle menacée par ce risque ? Plus généralement, l’équipe municipale en place sera-telle à la hauteur de la situation ? Personne n’a l’idée de la rendre responsable de la conjoncture financière et économique. Mais chacun la jugera sur sa capacité à comprendre ce nouveau contexte et à conduire le navire dans la tempête.
Ce que nous avons observé pendant la campagne électorale et depuis le mois de mars nous inquiète. Que penser de l’augmentation régulière depuis plusieurs années des charges de personnel municipal, illustrée récemment par la création d’un poste de cabinet ? Que dire d’investissements importants décidés sans concertation comme les millions d’euros mis dans une maison de l’enfance mal définie, les 150 000 euros dans une aire de jeux d’enfants équipée maladroitement, et les 2 millions d’euros dans l’achat de terrains d’un hypothétique futur collège qui se serait contenté d’une superficie foncière moins grande ? Comment apprécier l’accumulation de charges supplémentaires qui résulteront de la prise en charge de l’abbaye de Silvacane par la commune (des sommes importantes seraient nécessaires pour refaire la toiture) ? Que penser, enfin, de la méconnaissance du dossier de la suspension de l’exonération du foncier bâti pour les habitations principales neuves dont a fait montre l’équipe municipale ?
Jean Louis TURCAN s’autoproclame depuis longtemps « bon gestionnaire ». Nous avons déjà souligné les limites dans lesquelles il convient de circonscrire cette autosatisfaction, en indiquant les résultats mitigés des deux premiers mandats en matière d’équipements publics et d’équilibre entre l’impôt et les services rendus. Sa décision récente d’embaucher un collaborateur de cabinet au coût annuel de 60 000 euros sera un excellent test. S’il persiste dans ce projet, nous aurons la confirmation qu’il y a du souci à ce faire.
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