Quelques informations à la veille de la table ronde sur "les radiofréquences et la santé"

Publié le par esprit-village

Nous suivons l'actualité de ce sujet important et nous proposons cet article de LA GAZETTE DES COMMUNES en prévision de la table ronde qui se tiendra jeudi 23 avril.

Antennes-relais : une table ronde va tenter de clarifier le débat

Une table ronde est organisée le 23 avril par le gouvernement pour examiner l'effet potentiel des radiofréquences sur la santé, alors que plusieurs jugements récents demandent aux opérateurs de téléphonie mobile de démonter des antennes.

Une cinquantaine de représentants des opérateurs, des usagers, des collectivités locales et de l'Etat seront rassemblé autour de la ministre de la santé Roselyne Bachelot et des secrétaires d'Etat Nathalie Kosciusko-Morizet (Economie numérique) et Chantal Jouanno (Ecologie). Il s'agit de faire le point sur les connaissances scientifiques et sur les réglementations en vigueur, a-t-on indiqué au ministère de la Santé.

Les associations de défense de l'environnement, qui craignent un exercice "de communication", exigent "un débat ouvert, sans tabou ni a priori d'aucune sorte".
La question de l'impact sanitaire des ondes divise les experts et si rien n'est prouvé, les craintes se font de plus en plus nombreuses.

Les riverains font bloc
Les cas de particuliers se plaignant de maux de tête, de vertiges et de vomissements et accusant l'antenne placée à proximité de leur logement se multiplient. Cette situation nourrit une inquiétude diffuse dans une partie de la population qui en appelle au principe de précaution. Dans le doute, les riverains sont de plus en plus nombreux à faire bloc contre les antennes et à en demander en justice le démontage.

Le 4 février,
Bouygues Telecom a été condamné en appel à Versailles à démonter une antenne dans le Rhône, une première en France, la cour invoquant l'"incertitude" concernant un éventuel impact sur la santé des riverains. SFR a également été condamné le 16 février à Carpentras (Vaucluse) pour le même motif, ainsi que pour nuisance esthétique.
Et le 5 mars,
Orange s'est vu interdire par le tribunal de grande instance d'Angers l'installation de trois antennes sur le clocher d'une église, à proximité d'une école.
Un vrai casse-tête pour les opérateurs auxquels l'Etat impose de couvrir la quasi-totalité du territoire.

Pas de portable pour les enfants
Cette table ronde devra permettre de "clarifier les choses", espère Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'Ecologie. "Je voudrais que sur la partie antennes, on nous clarifie les choses, parce qu'il y a des études officielles qui nous disent qu'il n'y a pas de risque avéré pour la santé et il y a d'autres études qui disent qu'il y a quand même un risque".
"Il faut se mettre d'accord sur le protocole d'études" et qu'il soit "contradictoire", estime-t-elle.
Pour autant, il ne faut pas se "tromper de sujet" et se "focaliser" sur les antennes car selon elle, "le vrai sujet sur lequel on a dit qu'il y a des incertitudes c'est le téléphone portable". La ministre se prononce pour l'interdiction du portable pour les enfants de moins de dix ans et souhaite le lancement d'un téléphone portable qui ne pourrait être utilisé qu'avec une oreillette.

Le format de cette table ronde est le même que celui du Grenelle de l'environnement, avec cinq collèges : Etat, collectivités, associations, syndicats et organisations patronales. Après le 23 avril, plusieurs réunions des groupes de travail sont prévues courant mai qui devront déboucher sur une deuxième table ronde à la fin du mois.
"C'est l'Etat qui tranchera", indique Chantal Jouanno, "mais pas seul, parce que si on organise une table ronde, c'est pour que chacun prenne ses responsabilités".

Radiofréquences : y-a-t-il un danger pour la santé ?
Les experts restent très partagés sur les effets éventuels pour la santé de la téléphonie mobile. La technologie encore nouvelle rend les certitudes difficiles à établir.

Pour les antennes-relais, les études sont objets de vives controverses. La plupart s'intéressent aux effets thermiques des ondes et affirment que les antennes de téléphonie mobile ont moins d'effet sanitaire que les antennes de radio ou de télévision -mais elles sont souvent plus proches. Si le Pr Dominique Belpomme, cancérologue, dit constater une multiplication des cancers des glandes salivaires à proximité des antennes, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) n'y voit que "le simple fait du hasard".
"Les informations accumulées n'ont jamais montré l'existence d'effets indésirables à court ou à long terme imputables aux signaux produits par les stations de base", dit l'OMS. L'Académie de médecine renchérit: "les antennes de téléphonie mobile entraînent une exposition aux champs électromagnétiques 100 à 100.000 fois plus faible que les téléphones portables".
Le rapport "Bioinitiative", synthèse d'études sur tous les types de rayonnements électromagnétiques, demande une réévaluation des seuils d'exposition - que souhaitent aussi l'Agence européenne de l'environnement et le Parlement européen. L'incertitude scientifique "doit être favorable à la protection de la santé", estime Janine Le Calvez, de l'association Priartem.

Côté téléphones, le ministère de la Santé souligne qu'"il n'existe pas de preuve scientifique" démontrant qu'ils présentent un risque -mais "cette hypothèse ne peut être définitivement exclue". Il recommande en vertu du principe de précaution d'utiliser le portable "avec discernement", dans les zones où la réception est optimale, sans se déplacer et avec un kit mains libres.

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